Furigraphier le vide Art et poésie touareg pour le IIIe millénaire Un film de Hélène Claudot-Hawad et Nathalie Michaud Durée : 55 minutes, format DVD Co-production : Université de Toulouse-Le Mirail / Portique Nomade Comment être nomade aujourd’hui ? Comment poursuivre la marche qui multiplie les horizons ? Comment occuper le vide ? Ces questions douloureuses se posent avec une violence accrue dans les espaces arides du Sahara et du Sahel à l'économie asphyxiée, à la population criminalisée et aux territoires âprement convoités pour leurs richesses minières. Pour résister au chaos et au non-sens, pour lutter contre l'ultime dépossession de soi : celle de l'imaginaire, quarante-quatre poètes touareg réunis pendant trois nuits et trois jours en novembre 2006 à Agadez dessinent des parcours sonores libérés des entraves qui immobilisent aujourd'hui leur société et réinventent à leur manière les trames du présent.
Rencontres Furigraphiques Portique Nomade, Agadez, 23-25 Novembre 2006
Digipack : CD et livret de 32 pagesPrésentation, notation et traduction par Hélène Claudot-Hawad et Hawad
Encres et peintures furigraphiques de Hawad Prix: 10 Euros + frais de port Commander le digipack.
Vendu au bénéfice des activités culturelles du Portique Nomade.
Quarante-quatre poètes et interprètes touareg de l’Aïr, de la Tagama, de la Téshilé et de l’Azawagh, réunis lors des Premières Rencontres Furigraphiques du Portique Nomade, offrent un aperçu de la richesse du répertoire poétique touareg. A chaque émotion ressentie par les spectateurs, fusent les cris, les youyous, les soupirs, les invocations : "Il dit vrai", "Ô mon âme", "Ô vie!", créant autour de la parole poétique un extraordinaire climat de transe collective qui distant, élargit et dénoue les horizons.
Mots et gestes d'un poète et peintre touareg, Hawad
Furigraphie details
« Dans le travail d'écriture autant que de peinture que je mène depuis près de vingt ans, mon objectif a été de tenter de dépasser le pouvoir clos des mots, des signes et des représentations. Sur le plan graphique, ma démarche est partie d'un outil hérité de mes ancêtres, les signes tifinagh (alphabet touareg) dont je m'empare pour les pousser au bout de leur trajectoire, que je détourne, décompose et recompose pour les remettre en mouvement . C'est cela que j'ai appelé la « furigraphie », furieuse comme le cri de rage qui fait voler en éclat les barrières, les entraves et les immobilismes les plus fossilisés. La furigraphie est un moyen de sortir de soi, d'arriver à un surnomadisme hors d'un temps et d'un espace confisqués, de dessiner un soi multiple et insaisissable, doué d'ubiquité. C'est une tentative pour dépasser les contraintes, les contradictions et l'écartèlement entre passé, présent et futur, entre intérieur et extérieur, entre soi et les autres. Et l'horizon n'est pas seulement devant nous, il est aussi celui qui nous épaule et que nous halons. Il faut faire fusionner ces horizons, les malaxer et les réinventer, fabriquer les passerelles de paraboles et de paradoxes pour obtenir un tissage inédit. Pour moi, voici la force même de la poésie et de l'art. Recycler en surnomadisme le nomadisme exclu de son espace et de son temps... »